Le 8 juin 1945

 

Robert Desnos est décédé le 8 juin 1945 à 5h30 du matin, atteint du typhus, au camp de Terezin en Tchécoslovaquie. Il avait été arrêté à son domicile du 19 de la rue Mazarine à Paris le 22 février 1944 par la Gestapo.

Dès le début de la guerre en 1939, Desnos s'était enrôlé. Le 7 septembre, il rejoint, comme sergent, le 436e régiment de Pionniers à Nantes. Il est démobilisé le 22 août 1940 mais toujours décidé à combattre Hitler et le fascisme. Suite à la rafle du Vel d'hiv', il entre dans la Résistance au sein du réseau Agir.

Pendant la guerre, Desnos publiera sous divers pseudonymes des poèmes dans des revues clandestines afin d'inciter les Français au combat. Des poèmes comme "Ce coeur qui haïssait la guerre", Le legs ou encore Sol de Compiègne :

CHOEUR
Sol de Compiègne!
Terre grasse et cependant stérile
Terre de silex et de craie
Dans ta chair
Nous marquons l'empreinte de nos semelles
Pour qu'un jour la pluie du printemps
S'y repose comme l'oeil d'un oiseau
Et reflète le ciel, le ciel de Compiègne
Avec tes images et tes astres
Lourd de souvenirs et de rêves
Plus dur que le silex
Plus docile que la craie sous le couteau

UNE VOIX
À Paris près de Bourg-la-Reine
J'ai laissé seules mes amoures
Ah! que les bercent les sirènes
Je dors tranquille, oh! mes amours
Et je cueille, à l'Hay, les roses
Que je vous porterai un jour
Alourdies de parfums et de rêves
Et, comme vos paupières, écloses
Au clair soleil d'une vie moins brève
Pleine d'éclairs comme un silex,
Lumineuse comme la craie

CHOEUR (alterné)
Et craie et silex et silex et craie
Sol de Compiègne!
Sol fait pour la marche
Et la longue station des arbres,
Sol de Compiègne!
Pareil à tous les sols du monde,
Sol de Compiègne!
Un jour nous secouerons notre poussière
Sur ta poussière
Et nous partirons en chantant.

(Extrait de Sol de Compiègne, écrit au camp de Royallieu, entre l'arrivée de Desnos à Compiègne le 20 mars 1944 et son départ pour Flöha, le 27 avril. Publié le 1er décembre 1944 dans L'Éternelle Revue sous le pseudonyme de Valentin Guillois.)

À la mort de Desnos, plusieurs hommages lui furent rendus. C'est Paul Éluard, l'ancien compagnon surréaliste, qui prononcera l'allocution en son honneur afin de souligner le retour des cendres du poète à Paris. Les cendres ont rejoint le caveau familial au cimetière Montparnasse.

photo Joël Bonnin

 


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